LIVE : Ce jeu crée un monopole (type Uber)

timbre

Salut,

Connais-tu Dreams ?

C’est un jeu (sortie récemment) qui permet de créer des jeux.

Oui, oui.

C’est un jeu, pour l’instant uniquement disponible sur PS4, qui intègre un éditeur qui te permet de façonner des formes, de les animer, de composer de la musique… bref, tous les outils dont tu as besoin pour créer un jeu.

Tu n’as pas besoin d’être expert pour créer, l’outil est accessible même à quelqu’un qui n’a jamais construit un jeu de sa vie. (même s’il y a une petite courbe d’apprentissage)

Et ça laisse un maximum de liberté !

Le narratif qu’il a derrière c’est de “créer le jeu de ses rêves”

Il y a d’autres aspects très important :

  • Tu peux jouer aux jeux des autres.
  • Tu peux reprendre les éléments (bâtiments, personnages, animation…) des autres jeux dans ton propre jeu.

Bref, une recette parfaite pour produire un maximum de créativité.

Donc tu peux jouer à des jeux totalement bizarres, comme celui où tu dois diriger un personnage dans une cuisine pour trouver toutes les tranches de pain de mie.

Ou alors jouer à un jeu un peu plus commun, comme diriger un énorme monstre qui doit détruire une ville.

Et tu peux même jouer à des remakes de jeux connus comme Mario ou Sonic (les procès ne sont pas encore tombés ^^)

Et franchement, ça donne des jeux de très bonne qualité.

Tu as des titres originaux, avec de très bonnes mécaniques, avec de super graphismes qui sont créés sur Dreams.

Ce qui amène certain à imaginer que Dreams va devenir un énorme truc.

L’outil qui permettra à une génération de créateur, de créer, distribuer et vendre leurs jeux.

Une plateforme de créateur de jeux. Sur laquelle les futurs hits vidéo ludiques seront créés.

Comme un Uber avec les transports, YouTube pour la vidéo, Amazon pour le commerce etc…

Et peut-être que c’est quelque chose qui arrivera.

Tous les ingrédients sont là.

Après, il faut voir comment la communauté va évoluer, comment le public va adopter ça etc…

Mais si Dreams devient cette prédiction, LA plateforme de création de jeu, alors son destin sera comme Uber, YouTube ou Amazon.

Parce que c’est la même structure que ces plateformes :

Une structure propriétaire.

Déjà premier point :

Les jeux que tu crées restent la propriété de Media Molecule (le studio qui a créé Dreams)

En clair, ils ont un total contrôle sur ton jeu.

Tu n’es qu’un prestataire qui crée des jeux pour eux.

C’est peut-être même pire que les exemples actuels, parce qu’Uber te laisse posséder ta voiture, et YouTube te laisse la propriété de tes vidéos.

Là tu investis vraiment de ton temps, potentiellement de ton argent, pour créer un jeu qui finalement appartient à la société qui possède l’outil sur lequel tu as créé ton jeu.

C’est de la prestation de service.

Un architecte crée un bâtiment pour une entreprise. Mais au moins, là, le contrat est clair. L’architecte sait qu’il va créer un bâtiment qui ne lui appartiendra pas, mais en échange il aura de l’argent. C’est une mission.

Dans le cas de Dreams, tu crées pour qu’une entreprise s’attribue la propriété de ta création et en plus, tu n’es pas payé pour ça (et potentiellement pas au courant de cette clause du contrat, vu que personne ne lit les conditions d’utilisation)

C’est plus de l’exploitation.

Deuxième point :

Le code source n’est pas disponible

Tu n’as pas accès au code source de l’éditeur de jeu, ni du jeu en lui-même.

Il n’y a pas de protocole ouvert (comme Fediverse ou ActivityPub) qui permettrait aux joueurs de Dreams de communiquer avec les joueurs d’une autre plateforme similaire à Dreams.

Si Dreams commence à partir en couille et ne plaît plus aux joueurs, ils n’auront aucun choix.

Ils seront quand même obliger de rester sur Dreams, parce qu’ils ne pourront pas en faire une copie à leur sauce.

Ils seront enfermés dans l’écosystème de Dreams.

Comme c’est le cas avec Facebook.

Tu as envie de partir de Facebook, mais tu ne peux pas. Parce que tu es enfermé dedans.

Tu ne peux pas utiliser ta messagerie Signal pour communiquer avec une personne sur Messenger.

Les protocoles sont fermés.

Tu ne peux pas non plus faire une exacte copie de Facebook, mais qui tourne sur ton serveur et continuer de communiquer avec tes amis qui sont sur la version de Facebook hébergée par l’entreprise.

Parce que les protocoles sont fermés, et que le code source est non disponible, propriétaire.

Si tu pars de Facebook, ça égale souvent à avoir vie sociale plus compliquée, parce que Facebook est la plateforme, l’infrastructure sociale de notre temps. (les discussions, les événements etc… se font ou s’organise sur Facebook)

En clair utiliser Dreams, c’est :

Utiliser une brouette qui ne t’appartient pas, que tu n’as pas le droit de recopier, que tu ne peux pas recopier parce que tu n’as pas le plan de construction, que tu vas utiliser pour construire des choses qui ne t’appartiennent pas.

Tous les ingrédients sont là pour faire un monopole privateur de liberté.

Si on se projette dans le futur, voilà ce que ça peut donner :

Des créateurs qui sont payés à la quantité ou à la popularité de leurs créations.

Les créateurs qui ne produisent pas assez ou qui ne font pas des jeux assez populaires seront payés une misère, malgré un travail acharné.

En réalité, une minorité de créateurs gagneront bien, voir très bien leur vie avec Dreams, les autres seront sous-payés.

Il y aura des règles strictes et subjective pour pouvoir publier sur Dreams.

Certains jeux seront jugés comme politiquement incorrect, ou trop limite pour être publié.

D’autres seront moins mises en avant par les algorithmes parce que… parce que l’algorithme appartient à Dreams et que c’est eux qui décide comment il fonctionne.

Les prix des jeux seront grandement influencés ou dicté par Dreams, et la marge sur les ventes sera aussi décidé par Dreams.

Il y aura des regroupements de créateur mécontent pour exprimer leur mécontentent face à toute la précarité qu’entraîne ce modèle

Ça sera Dreams qui fera la pluie et le beau temps sur l’industrie du jeu vidéo.

Enfin bref, exactement ce à quoi on a affaire avec Uber et le transport, Amazon et le commerce ou YouTube et la vidéo.

Dreams reprend exactement la même structure privatrice de liberté que ces entreprises, alors pourquoi le résultat serait différent ?

Il y a peut-être un moyen pour les créateurs de jeux d’éviter ça :

Lutter dès maintenant.

Tant que Dreams n’est pas encore un mastodonte.

Après ça sera trop tard.

Une fois qu’on a un monopole ou quasi-monopole, c’est extrêmement compliqué d’imposer ses conditions. C’est déjà trop tard. Le monstre a déjà trop de force.

Le véritable truc à faire, c’est de ne plus permettre à des plateformes… de se développer sur ce modèle-là.

Exigé d’avoir un modèle libre.

  • Que la plateforme utilise des protocoles ouverts.
  • Que le code source soit consultable, recopiable, améliorable.
  • Que notre contenu nous appartienne.
  • etc…

Sinon on est condamné à répéter l’histoire indéfiniment.

Que ce soit pour Dreams, ou pour n’importe qu’elle autre futur plateforme .

Ne laissons plus ça se produire.

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ralebaul
4 mois

C’est bien joli tout cela mais quand on sais que 99% des gens à qui tu parles de cette saloperie de facebook, s’en foutent et qu’une partie te dit que “oui je sais c’est pas bien, mais y a que ça” (en fait ils veulent surtout pas chercher autre chose, mais faut pas le dire…), et bien tu te dis que finalement c’est très bien comme cela. Que tous ces débiles restent dans leur caca et ne perdons plus de temps à essayer de changer tout cela. Et vivement que tout s’écroule et je peux te dire que j’ai hâte de voir cela tomber voir même pousser les choses dans ce sens…