L’utopie du RGPD

Le RGPD c’est bien, mais il y a quelque chose d’un peu utopiste là-dedans :

Qui va lire la politique de confidentialité et faire le tri dans toutes les cases à cocher et décocher ? SUR TOUS LES SITES ?

Tu ne peux pas espérer que l’on fasse ça.

Ça enlève toute la fluidité d’internet.

Fini les petites balades de liens en liens, maintenant il faut prendre 15 minutes pas site pour faire le tri avec ce qu’on accepte et ce qu’on n’accepte pas.

Et en plus il n’y a même pas de standard, donc chaque site à sa propre version de la pop up RGPD.

Le truc qui serait 100% mieux, ça serait directement de pouvoir choisir avec quoi on est d’accord et pas d’accord directement depuis le navigateur.

Et on aurait juste à le faire 1 seule fois.

Un peu comme le DO NOT TRACK, mais en plus évolué.

Sérieusement, tu lis avant d’accepter ou de refuser tout le blabla de la pop up RGPD ?

Plus de constructions, moins de startups

Ce que je n’aime pas dans les startups c’est le côté éphémère.

Faire une boite pour ensuite la revendre.

Se concentrer plus sur le profit que sur l’aide apporter aux personnes qui utilise le produit.

Attention : je pense que l’argent est important. Même plus que ça : faire de l’argent pour une entreprise est obligatoire.

On vit dans un monde qui marche avec de l’argent. Alors il faut être malin(e). Il faut trouver comment résoudre un problème tout en gagnant de l’argent pour pouvoir vivre dans ce monde.

Récemment j’échangeais par mail avec une personne sur la définition de l’entreprenariat.

J’ai donné une définition, mais aujourd’hui elle a encore évolué. Aujourd’hui je donnerais ça :

Partir d’une solution à un problème et trouver comment gagner de l’argent avec pour pouvoir la faire durer.

L’argent n’est jamais la finalité pour moi. C’est juste un moyen de pouvoir faire vivre une solution. C’est requis, mais c’est pas le but.

Mon but n’est pas de faire une startup que je veux revendre le plus cher possible. Non.

Mon but c’est d’aider des gens.

Et pour ça il faut créer :

Quelque chose qui est fait pour rester.

Quelque chose qui devient plus simple, plus agréable, plus efficace au fil du temps qui passe.

Une construction.

Si j’imagine ma construction dans le futur, je veux qu’elle aide mieux les personnes qui l’utilisent que ce qu’elle ne le fait maintenant.

C’est tellement chiant quand tu utilises un produit et qu’il se fait racheter, puis mettre à la poubelle. Ou alors qu’il se fait racheter par une entreprise qui ne respecte pas la vie privée.

J’ai envie de construire quelque chose qui traverse le temps.

Et je pense qu’on a tous besoin de ça.

On veut plus de constructions et moins de startups.

Le monde change bien assez vite comme ça. Si en plus on doit changer d’outils tous les 6 mois…

La différence entre copie et alternative

Voilà notre réalité d’aujourd’hui :

GAFAM : Excellents produits, mais qui nous exploitent grâce aux données que nous produisons.

Et face à ça il y a les alternatives libres qui sont censées contrer les produits des GAFAM ou tout autre produit commercial et propriétaire.

Sauf que les alternatives libres ne sont pas vraiment de bonnes alternatives, et ce ne sont même pas des alternatives.

Généralement, ces alternatives sont conçues pour des geeks qui ont les bagages techniques pour s’en servir. Ça laisse tous les autres sur le côté. C’est-à-dire 90% des gens.

Ensuite, ce sont plus des copies que des alternatives.

Et ce sont deux choses bien différentes.

Une copie va essayer de reproduire un modèle.

La particularité de la copie, c’est qu’elle sera toujours en retard par rapport au modèle. C’est le fonctionnement de suivre. Si tu suis, tu ne peux pas être devant la chose que tu suis.

Si un chien te suit, il ne peut pas être devant toi (sinon ça veut dire que c’est toi qui suis le chien)

Ça, c’est une copie.

Et souvent les alternatives libres sont des copies.

  • Elles essayent d’être une copie de Gmail.
  • Elles essayent d’être une copie de Word.
  • Elles essayent d’être une copie de Drive

etc…

En respectant la vie privée, oui, mais en plus complexes. Et avec un train de retard à chaque fois.

Je ne pense pas que ça soit comme ça qu’on arrivera à faire progresser le respect de la vie privée.

Qui va utiliser quelques choses de plus compliquer, moins beau, et peut-être même moins performant ?

Peut-être quelques geeks qui veulent protéger leur vie privée. Mais pour les autres il faut oublier.

Je ne crois pas aux copies comme le renouveau du numérique respectueux de la vie privée.

Ce n’est pas les copies qui vont nous sauver.

Par contre je crois aux alternatives. Aux vraies alternatives.

Une alternative ne cherche pas à être une copie conforme d’un modèle. Elle suit son propre chemin.

Elle peut copier des aspects de ce qui marche sur un autre produit, mais son but n’est pas d’être une copie conforme.

Elle essaye d’être la meilleure solution possible au problème qu’elle essaye de résoudre.

Respecter la vie privée n’est pas une excuse pour faire un produit moins bon que la concurrence.

Je crois aux alternatives, pas aux copies.

Pas de recette de cuisine pour ça

Si seulement il y avait 1 seule chose qui expliquait une construction…

Mais ça ne marche pas comme ça.

Une construction est l’assemblage de tout un tas de petits trucs.

Et ce n’est pas un assemblage prémédité par le créateur. C’est un assemblage qui s’est fait par hasard.

Si tu lis des critiques d’album de musique, tu t’aperçois que l’album est composé d’un tas de détails qui forme un tout cohérent.

Ça semble très logique quand tu le lis.

Moi, je pense que l’artiste lui-même serait étonné de voir que tous les détails se rejoignent, parce qu’il n’y avait rien de logique quand il était en train d’écrire, de composer, de chanter.

C’est pour ça que tu ne peux pas arriver et dire “Je fais faire un chef-d’œuvre maintenant”

Un chef-d’œuvre (même technologique) c’est quelque chose qui arrive par accident.

Il n’y a pas de recette de cuisine pour faire un truc qui marche.

Être bon, en ne comprenant rien

On peut être bloqué quand on veut créer, parce qu’on pense qu’il a des règles.

Mais c’est faux il n’y a pas de règles.

Il y a tout un tas de bons musiciens qui n’ont jamais le solfège. Ils ont juste fait au feeling et à l’observation.

Il y a tout un tas de… tout !

Il y a tout un tas de gens extrêmement talentueux qui n’ont jamais suivi le cursus classique.

Qui n’ont jamais fait l’école pour apprendre le…

Qui n’ont jamais appris les bases de…

Les règles servent à expliquer ce que l’on fait naturellement.

Les connaître n’est pas une obligation. Et ça peut même être un désavantage (tu peux être limité par ce que tu as appris)

Penser que c’est une obligation d’apprendre les règles d’une discipline c’est comme dire :

Je ne peux pas être hydraté parce que je ne connais pas les détails de l’effet de l’eau sur nos cellules, nos organes etc…

Tu ne dis pas ça. Parce que tu as observer que pour être hydraté, il faut prendre un verre d’eau, le porter à ta bouche et boire. Et de cette manière tu es hydraté.

Tu ne sais pas exactement ce que ça produit dans ton corps. Mais tu sais que ça t’hydrate.

Et finalement, est-ce que c’est pas ça le plus important ?

Est-ce que tu fais ce que tu fais pour comprendre ce que tu fais ?

Ou est-ce que tu fais ce que tu fais pour atteindre quelque chose que tu as en tête ?

C’est la même chose avec tout un tas de domaines.

Tu peux apprendre simplement en observant. Pas besoin de comprendre ce que tu fais.

Les gens veulent toujours comprendre ce qu’ils font…

Mais tu n’as pas besoin de comprendre ce que tu fais, pour faire ce que tu fais. (ou ce que tu veux faire)

99$

Basecamp est une application d’organisation d’équipe. Todo list, message, planification, documents etc…

Basecamp a une offre très simple :

99$ par mois.

Peu importe combien il y a de personnes dans ton équipe.

Qu’une entreprise ait 5 ou 200 employés, elle paye le même prix : 99$/mois

à première vue on peut se dire que c’est une offre pas top.

Les petites équipes payent aussi cher que les grosses équipes. C’est pas normal.

Mais finalement ce pricing à un gros avantage :

Il n’y a pas de client plus important qu’un autre.

Normalement, les applications comme Basecamp font payer à l’utilisateur. Plus tu as d’employés, plus tu payes cher.

1 utilisateur coûte 10$/mois, 2 : 20$/mois, 3 : 30$/mois etc…

ça semble plutôt correct. Après tout, plus tu as d’employés, plus tu as d’argent, non ?

Oui, mais l’autre manière de voir ça, c’est que l’entreprise qui propose cette offre est biaisée, elle va vouloir servir mieux les clients qui la payent le plus, et ça ira peut-être à l’encontre de ce que veulent ceux qui paient moins.

Imagine :

Tu as 10 clients qui t’apporte 85% de ton chiffre d’affaires, les 30 autres ne représentent que 15%, qui est-ce que tu ne veux pas décevoir ?

Ceux qui te ramènent le plus d’argent ? Ou ceux qui t’en ramènent le moins ?

Ceux qui te ramènent de quoi faire tenir ton entreprise debout ? Ou ceux qui te ramènent du beurre dans les épinards ?

Si tu as 10 clients qui font vivre ta boite tu vas vouloir les satisfaire en priorité.

S’ils demandent la fonctionnalité X, tu vas leur donner la fonctionnalité X. Même si les autres utilisateurs veulent la fonctionnalité Y.

Le problème, c’est que ton entreprise sert ceux qui paient le plus. Pas tous tes utilisateurs.

(et ceux qui paient le plus ne sont pas les meilleurs pour donner la direction que doit prendre ton produit)

Quand tu as un modèle de prix comme ça, tu crées l’inégalité entre tes utilisateurs.

Alors que si tout le monde paye le même prix, tout le monde à la même importance.

Que ce soit une entreprise de 200 personnes, ou une entreprise de 5 personnes, c’est un client à 99$ pour toi.

Donc tu ne vas pas plus écouter l’entreprise de 200 personnes, que l’entreprise de 5 personnes. Parce que tu n’en as pas l’intérêt.

Si ton produit est bon. Que tu arrives à montrer la valeur qu’il apporte. Je ne pense pas que ça soit dérangeant pour les petits utilisateurs de payer le même prix que les gros.

Et puis ça permet d’avoir une offre claire en plus.

Le bout de scotch sur la webcam

Les gens s’en foutent de leur vie privée

Pas si sûr.

Et pour se rendre compte de ça, il suffit d’observer un truc tout bête :

Le nombre de bouts scotchs qu’il y a sur les webcams.

Avant tu pouvais voir les geeks qui faisaient ça. Mais maintenant des personnes qui n’ont rien à voir avec la tech font ça aussi.

C’est devenu courant de voir un bout de scotch sur la webcam d’un ordinateur portable.

On peut comprendre deux choses de ça :

  • Les gens ont envie d’avoir une vie privée. Et veulent choisir quoi partager et quoi ne pas partager.
  • Les gens n’ont plus une confiance aveugle dans les produits et les services numériques.

Alors, non les gens n’ont pas l’air de se foutre de leur vie privée. Ils ne savaient pas qu’elle était en danger, et maintenant ils s’en rendent compte petit à petit.

Maintenant il faut construire les produits et services du futur qui respectent les personnes qui les utilisent.

J’ai une question pour toi :

Tu préfères lire ou regarder une vidéo ? Et pourquoi ?

(Tu peux répondre directement à ce mail, je le recevrais)

Je me posais une question aujourd’hui (mais je pense que ça fait un moment que je me la pose) :

Est-ce que la lecture doit évoluer ?

C’est vrai, les textes qu’on lit reste assez similaire à ce qu’il y a avait avant. Sauf que maintenant on a internet.

Les magazines d’il y a 20 ans avaient les mêmes textes et les mêmes images que ceux d’aujourd’hui.

On est passé du papier à l’écran, mais rien d’autre n’a changé.

En parallèle, il y a eu l’explosion de la vidéo (YouTube, les story…)

La semaine dernière (ou il y a 2 semaines, je ne sais plus), il y avait la Keynote d’Apple, qui a présenté :

News+

Tu t’abonnes à 10€ par mois, et tu as accès à des magazines… mais adapté aux supports d’aujourd’hui.

Comme on ne lit plus sur du papier, mais sur des écrans, tu scroll pour faire défiler les pages.

Et les pages sont plus “vivantes” grâce à des images animées (du motion design).

Est-ce que ça va permettre de rendre la lecture plus attractive ?

Je ne sais pas.

Tu préfères lire ou regarder une vidéo ? Et pourquoi ?

Comment créer des produits qui plaisent ?

Il y a plein de manières de répondre à cette question, mais une des réponses pourrait être :

Il faut que les gens aient confiance en ton produit

Et ça passe par plusieurs choses :

  • La sécurité (est-ce qu’ils peuvent utiliser le produit sans avoir peur que l’on puisse accéder à leurs données ?)
  • La fiabilité (est-ce qu’ils peuvent utiliser le produit sans qu’ils aient peur qu’il tombe en panne ou qu’il fonctionne mal ?)

En clair : est-ce qu’ils peuvent être sûrs d’avoir tout ce qu’ils attendent de ton produit ?

Il ne faut pas que ton utilisateur ait une appréhension quand il utilise ton produit.

Il ne faut pas qu’il ait peur de ne pas arriver à faire ce pour quoi il a commencé à utiliser ton produit.

Faites-moi confiance, je me fais confiance

Internet peut permettre la démocratie et la décentralisation.

Mais on fait confiance à une entité parce qu’elle nous dit “faites-moi confiance parce que je me fais confiance”

On ne devrait pas faire confiance à quelqu’un parce qu’il se fait confiance.

On devrait faire confiance à un système qui ne permet pas la censure, la surveillance… de par la manière dont il est construit.

C’est beaucoup plus fiable qu’une personne qui peut mentir, se faire corrompre, faire une erreur ou changer d’idéaux.

On a la chance d’avoir la possibilité technique de construire quelque chose au-delà de tout contrôle contrairement à un humain. Alors autant en profiter.

La question finale de tout ça, c’est :

Est-ce qu’on veut que quelqu’un puisse décider pour nous ?

  • Quand quelques compagnies possèdent l’infrastructure (Free, SFR… en France) pour accéder à internet, on leur laisse la possibilité de décider à notre place de ce que peut et ne peut pas être internet.
  • Quand quelques compagnies possèdent la musique (les majors, Spotify, Deezer…), on leur laisse la possibilité de décider à notre place de ce que peut et ne peut pas être la musique.

Et on leur accorde cette possibilité par confiance.

Et on n’accorde cette confiance, juste parce que ces entités disent :

Faites-moi confiance, parce que je me fais confiance.

Ça revient à ce que le maire d’une ville demande à ses habitants “N’installer pas de serrure sur vos portes, vous me connaissez moi et mon équipe, on est des gens bien, on n’est pas des méchants”

Dans ce cas-là, si vous êtes des gens bien, vous ne verrez pas d’objection à ce qu’on installe des serrures sur nos portes. (et non, je ne vous connais pas).

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